EEG : la plus-value des enregistrements prolongés
Il y a trois ans, le Dr Antoine Guilmot, neurologue, était engagé aux Cliniques de l’Europe dans le but de développer les techniques d’électro-encéphalogramme (EEG) prolongées, permettant d’étoffer le panel diagnostique et de mieux répondre aux besoins cliniques. Voici un aperçu des possibilités qu’offre l’EEG désormais aux Cliniques de l’Europe.
L’EEG est en fait une vieille technique qui vise, au moyen d’électrodes placées sur le crâne du patient, à enregistrer l’activité cérébrale en temps réel. « Même s’il s’agit d’une technique relativement ancienne, elle est assez unique parce qu’elle permet d’avoir des données en temps réel sur un reflet de l’activité cérébrale », relève le Dr Guilmot.
Deux sortes d’EEG
Il existe deux sortes d’EEG : l’EEG standard et l’EEG prolongé.
L’EEG standard est un enregistrement qui dure entre 10 et 15 minutes et qui est réalisé par un technicien à l’hôpital pour des patients externes ou des patients hospitalisés, que ce soit en Neurologie ou aux Urgences.
L’EEG prolongé est un enregistrement qui dure au moins 24 heures, soit en ambulatoire, soit à l’hôpital.
L’EEG prolongé en ambulatoire
L’EEG prolongé en ambulatoire s’adresse plutôt à des patients en bonne santé chez qui l’on suspecte de l’épilepsie ou des patients épileptiques chez qui l’on veut déterminer le type d’épilepsie.
« Chez ces patients, si l’EEG standard est normal, on va opter pour un enregistrement de 24 heures car cela a l’avantage d’obtenir un échantillon plus long et également un tracé pendant le sommeil, où il y a en plus une activation naturelle des anomalies épileptiques éventuelles. Cet examen est donc plus sensible à la détection d’anomalies épileptiques et permet un diagnostic plus précis. Il permet aussi de justifier l’instauration d’un traitement antiépileptique ou le choix du type de traitement», explique le neurologue. La possibilité de réaliser cet examen à la maison est appréciée par les patients.
L’EEG prolongé en hospitalisation
L’autre situation est l’EEG prolongé en aigu chez des patients hospitalisés. Ici, nous sommes face à des patients hospitalisés en salle de Neurologie ou aux Soins intensifs. « Chez les patients comateux, sédatés, chez qui l’examen clinique neurologique est peu contributif, l’EEG va apporter des informations cruciales impossibles à obtenir autrement. D’une part, il permet de déterminer le ‘degré d’encéphalopathie’, c’est-à-dire à quel point le cerveau dysfonctionne à ce moment-là, ainsi que le degré de sédation afin d’ajuster les sédatifs », explique le Dr Guilmot. « D’autre part, il permet d’exclure une pathologie autrement invisible : les crises épileptiques non convulsives ou l’état de mal épileptique non convulsivant, qui est très fréquent aux Soins intensifs (jusqu’à 30% des patients). Ces patients vont faire des crises d’épilepsie sans aucun signe visible de l’extérieur, pouvant être à l’origine du coma et/ou pouvant avoir une influence négative sur leur devenir ».
« Grâce aux résultats de l’EEG, nous allons pouvoir adapter le traitement épileptique de ces patients ou désescalader certains traitements », précise encore le neurologue.
En outre, l’EEG prolongé peut également apporter des informations pronostiques : « L’exemple le plus typique est le coma post-anoxique. Des publications récentes montrent que chez une partie de ces patients en état de mal épileptique non convulsivant, le pronostic peut être amélioré grâce à un traitement adéquat », commente le Dr Guilmot.
Comment cela se passe-t-il ?
L’indication d’un EEG prolongé est toujours posée par un neurologue. Une fois que le patient a reçu un rendez-vous, une procédure explicative lui est remise sur le déroulement de l’examen. Il faut par exemple prévoir des vêtements faciles à ôter. Le collage des électrodes est réalisé par un technicien et prend entre 30 et 45 minutes.
Le patient rentre ensuite chez lui avec un boîtier d’enregistrement et une feuille de route pour noter toute information pertinente (survenue de crise, symptôme, …). Il doit bien sûr éviter les douches, mais aussi l’utilisation de téléphones et ordinateurs branchés sur secteur car cela crée des artéfacts.
Le lendemain, le patient retourne à l’hôpital pour retirer les électrodes. Le résultat est disponible dans les quinze jours. Soit le patient est revu par le médecin prescripteur, soit par le Dr Guilmot s’il nécessite un suivi particulier.
Pour l’instant, les Cliniques de l’Europe disposent d’un seul appareil, mais espèrent pouvoir doubler cette capacité d’ici peu tant l’apport de cette technique permet d’améliorer la prise en charge des patients.
